GO : « Gnafé » n’est point ouolof

Quand dans la rue ou dans une réunion, on entend de grands gaillards et même des notables et de grands responsables utiliser le terme « gnafé » dans leurs conversations pour illustrer de grands efforts fournis, cela fait tilt dans la tête. Avant de montrer de quel bois ils ne se chauffent pas.

On ne peut s’empêcher alors (et pour ne rien arranger) de constater avec regret que le ouolof, la langue la plus parlée dans ce pays, est en train de perdre son âme. Elle était assez métissée, mais maintenant, elle est en pleine perdition.

« Gnafé », en effet, vient du substantif « gnaf » qui peut, tour à tour signifier casser la gueule à quelqu’un de plus petit, battre méchamment ou corriger un enfant, dans le périmètre linguistique des adolescents de la rue.

A moins qu’exceptionnellement, cela vienne de personnes plus ou moins mal élevées qui, à leur tour, doivent l’avoir importé de gens de peu d’éducation comme les charretiers ou les routiers

Ainsi, entendre des personnages publics, comme des directeurs de société, des ministres ou des députés, avancer que « dagno gnafé » pour avoir ce qu’ils ont aujourd’hui, traduit un niveau de langue et de culture qui en dit long sur des formations que je me refuse de  qualifier. Qui est fou ?

Cébé

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